PORT-LOUIS LA CAPITALE


    Adossée à une chaîne de montagnes que domine l’étrange silhouette du Pouce (812 m), la ville aligne ses buildings modernes face à la rade. Une ville administrative et financière dans un décor tropical. Tout se mélange ici : les vielles maisons créoles côtoient les nouvelles tours, les étals du vieux bazar rivalisent avec les boutiques climatisées du front de mer, les cols blancs croisent les marchands ambulants, les tenues européennes et les saris indiens. Une ville hétéroclite aux multiples facettes qu’on découvrira en flânant dans les allées du marché central, dans la rue royale du quartier chinois.
    Le lieu fut choisi au début du 18° siècle par Mahé de la Bourdonnais pour la Compagnie des Indes. Baptisé " Port Nord-Ouest " il devient Port-Louis en l'honneur de sa Majesté. Sa statue trône face à la mer à l’entrée de la Place d’Armes.
    C’est autour de cette grande esplanade bordée de palmiers royaux, que s’articule la ville. Au fond de la place se dresse l’Hôtel du Gouvernement. Ce bâtiment, le plus vieux de Port Louis, ressemble à une austère maison coloniale de deux étages, peinte en gris et à peine égayée d’une varangue à colonnades.

    L’hôtel fut construit au temps du gouverneur Nicolas de Maupin mais fut transformé par Mahé de la bourdonnais pour recevoir les puissants de passage. Aujourd’hui siège du parlement, il ne se visite pas. Derrière sa grille, notez que domine toujours la statue de la reine Victoria.
    Le théâtre municipal avec sa jolie façade jaune pâle et ses colonnes en pierre volcanique. Construit en 1822 par les anglais, il est le plus ancien théâtre de l’océan indien. Les premières projections cinématographiques eurent lieu en 1909.
    Musée de la photographie. La mémoire de l’île en photos. Ce musée privé est l’œuvre d’un couple de passionnés. Dans une belle salle tout en bois trônent de superbes appareils. Unique, une photo de Port Louis en 1854.
    Muséeum Institute. C’est dans ce vieux musée que l’ont trouve le squelette authentique du dodo, unique vestige de cet oiseau disparu au 17° siècle du temps de l’occupation hollandaise. De belles collections de papillons et d’animaux empaillés constituent le reste de la collection.

    Jardin de la Compagnie, à côté du musée, ce petit parc abrite de majestueux multipliants aux racines aériennes. Il tire son nom de la compagnie des indes, créé en 1735 par La Bourdonnais, boisé par les anglais en 1828 pour en faire un espace de verdure au cœur de la cité. Fut rénové cette dernière année.

    C’est le long de la St Georges Street que les familles fortunées de l’île avaient leurs maisons de ville. A droite de la fort belle Ambassade de France se tient un bâtiment créole typique, avec ses lambrequins et sa toiture en bardeaux. En face, une superbe maison d’un étage arbore un air plus aristocratique avec son toit en bardeaux bleu clair et sa véranda dans le pur style colonial.
    La Cathédrale Saint Louis. Consacré en 1770, cet édifice connut bien des vicissitudes ; des cyclones l’ont ébranlé et même démoli en 1773, il fut ensuite désaffecté, l’assemblée révolutionnaire de l’île s’y tint en 1790.

    Dans Royal Street, le quartier chinois délimité par deux portes d’inspiration asiatique. Les premiers immigrés de Chine à partir de 1825 prirent possession de cette portion de Port Louis. N’hésitez pas à entrer dans ces bric-à-brac. A l’angle de le rue Louis Pasteur et Royal Street une enfilade de maisons typiquement port-louisiennes, avec leurs échoppes en rez-de-chaussée.
    La Mosquée Jummah, la plus ancienne mosquée (18° siècle) de l’île trône à l’orée du quartier chinois. De loin, elle évoque une imposante construction coloniale. A noter sa porte finement sculptée.

    Le Marché Central, étape incontournable pour les visiteurs en quête d’exotisme, les étals débordent de fruits et de légumes tropicaux, les senteurs poivrées et épicées explosent, les passants se bousculent, les marchands s’interpellent. Les bâtiments ont été construits de 1839 à 1845 ; derrière, des grilles ouvragées lui donnent un air oriental. Arrêt obligatoire chez le célèbre marchand de tisanes. On y trouve des remèdes miracles contre toutes les maladies, plus quelques élixirs aphrodisiaques. Dans l’aile lui faisant face, tissus et vannerie de Madagascar ou de Rodrigues. Epices et poissons séchés, icône de divinités hindous. Coincé entre la rue Farquar et l’autoroute, deux petit halls, l’un pour les poissons et l’autre pour la viande fraîche. A voir.
    Le quartier moderne ou Caudan Waterfront. Ses boutiques, ses fast-foods, ses cinémas et son casino. Le Caudan, complexe commercial moderne, parfaitement sécurisé et entretenu, attire les touristes et les classes aisées. Dans son enceinte, le Blue Penny Muséum, retrace l’histoire de l’île à partir d’une collection de plans, cartes, photographies, pièces et timbres.
    A l’opposé du port, le Fort Adélaïde. Cette citadelle en pierre volcanique a été construite de 1834 à 1840 par les anglais pour dissuader toute révolte de la population. Joli panorama du port jusqu’au Champ de Mars où de mai à novembre, la saison hippique attire des milliers de Mauriciens dans cet hippodrome, le plus vieux de l’hémisphère sud.
   
   
   

 


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